Fenêtre de contexte : Claude Code à 200K tokens contre Cursor et Windsurf

Tu ouvres ton éditeur IA sur une base de code de quelques centaines de fichiers. Tu demandes un refactoring transversal. L’outil répond avec des suggestions qui ignorent la moitié du projet. Ce n’est pas un bug : c’est la fenêtre de contexte qui a tranché avant toi. La fenêtre de contexte est la limite réelle de ce que ton assistant voit à chaque échange. Claude Code la pousse au-delà de 200K tokens. Cursor plafonne autour de 120K. Windsurf, autour de 100K. Sur papier, ce sont des chiffres. En pratique, c’est la différence entre un outil qui comprend ton architecture et un outil qui devine. Ce que tu vas apprendre ici :

  • Ce que représentent concrètement 200K, 120K et 100K tokens en fichiers réels
  • Où Cursor et Windsurf tiennent la route, et à partir de quel seuil ils commencent à flancher
  • Ce que Claude Code fait différemment sur les projets volumineux
  • Pourquoi un contexte plus grand ne garantit pas automatiquement de meilleures suggestions
  • Comment décider quel outil choisir selon la taille réelle de ton projet

Comparaison au premier coup d'œil Critère Claude Code Cursor Windsurf
Fenêtre de contexte 200K+ tokens ~120K tokens ~100K tokens
Prix de base (plan Pro) 20 $US/mois 20 $/mois 15 $/mois
Plan avancé 100 $US/mois (Max 5x) ou 200 $US/mois (Max 20x) , ,
Accès API (sans abonnement) Oui (usage mesuré) Non Non
Agent Mode : portée fichiers Toute la base de code visible 1 à 10 fichiers Portée variable
Protocole MCP Natif Non natif Non natif
Point fort Projets volumineux, refactorings larges Complétion rapide, intégration VS Code Prix, fluidité sur projets moyens

Ce qu’est la fenêtre de contexte et pourquoi ça compte en codage assisté

La fenêtre de contexte, c’est la quantité totale de texte qu’un modèle de langage peut traiter en une seule fois : ton prompt, les fichiers que tu lui soumets, l’historique de la conversation, les résultats d’outils. Tout ça entre dans la même enveloppe. Quand l’enveloppe est pleine, le modèle tronque, oublie ou refuse de charger davantage. En codage assisté, cette limite se traduit directement. Chaque fichier source que tu charges, chaque fonction que le modèle doit « voir » pour te donner un refactoring cohérent, ça consomme des tokens. Un fichier TypeScript de taille moyenne peut représenter plusieurs milliers de tokens. Un fichier de configuration complexe, souvent davantage. Le problème, c’est que les décisions de refactoring transversal nécessitent souvent de voir plusieurs couches simultanément : les interfaces, les implémentations, les tests, les modules qui appellent les fonctions que tu modifies. Si la fenêtre ne suffit pas à tout contenir, le modèle travaille avec une vue partielle. Et une vue partielle génère des suggestions partielles.

Diagramme comparant deux fenêtres de contexte de tailles différentes cadrant la même base de code, l'une englobant toutes les dépendances, l'autre tronquant les modules périphériques.
Même graphe de dépendances, deux cadrages. À 200K tokens, Claude Code englobe la base entière et ses arêtes inter-modules ; à 120K et 100K, Cursor et Windsurf recadrent au centre et laissent les modules périphériques hors champ — ceux-là mêmes que traverse un refactoring transversal.

Ce n’est pas qu’une question de mémoire. C’est une question de cohérence : un modèle qui voit ton interface et toutes ses implémentations peut détecter une rupture de contrat. Un modèle qui n’en voit qu’une partie va te proposer un patch qui casse l’autre bout du projet sans le savoir.

Les chiffres bruts : 200K, 120K, 100K tokens en fichiers réels

Commençons par ancrer ces chiffres dans la réalité de code qu’on écrit. Un token, en anglais comme en français, représente approximativement trois à quatre caractères. Un fichier de code source bien commenté d’une centaine de lignes, c’est souvent quelques milliers de tokens. Un fichier de configuration YAML dense peut en représenter moins. Un fichier de migration SQL complexe, beaucoup plus. Avec une fenêtre de 100K tokens (Windsurf), tu peux charger, dans des conditions favorables, de l’ordre de plusieurs dizaines de fichiers de taille raisonnable. Cursor à 120K donne un peu plus de marge. Claude Code à 200K+ tokens, c’est une fenêtre qui peut couvrir plus du double de ce que Windsurf gère.

La différence n’est pas symbolique. Elle devient tangible dès que tu dépasses un certain seuil de fichiers actifs dans une session. En dessous de ce seuil, les trois outils fonctionnent à peu près pareil. Au-dessus, Claude Code continue à voir l’ensemble du code, pendant que Cursor et Windsurf commencent à choisir quoi oublier. Ce que tu dois retenir : la fenêtre de contexte ne définit pas combien de fichiers tu peux ouvrir dans ton IDE. Elle définit combien le modèle peut réellement traiter en une seule passe. C’est la limite de la compréhension, pas de l’affichage.

Claude Code à 200K tokens : ce que ça permet sur de grands projets

Claude Code est édité par Anthropic, la même société qui développe Claude. Ça n’est pas un détail : ça signifie que l’outil est construit autour du modèle le plus capable d’Anthropic, sans couche d’abstraction tierce entre l’interface et le modèle. Avec une fenêtre qui dépasse les 200K tokens, Claude Code peut charger une quantité substantielle de code source simultanément. Sur un projet de plusieurs centaines de fichiers, ça veut dire que tu peux cibler les fichiers les plus pertinents pour une tâche donnée sans te demander si tu vas dépasser une limite invisible.

Maquette au trait de l'interface Claude Code : panneau latéral listant une longue arborescence de fichiers source actifs, jauge de contexte largement en-dessous de la limite, et réponse d'assistant proposant un refactoring transversal sans avertissement de saturation.
Vue schématique de Claude Code en session : l'arborescence complète du projet reste chargée dans le contexte, la jauge d'usage n'atteint pas la limite, et l'assistant raisonne sur l'ensemble des modules sans troncature.

L’Agent Mode de Claude Code est particulièrement concerné. Contrairement à Cursor où l’Agent Mode opère sur une portée de 1 à 10 fichiers à la fois, Claude Code peut maintenir la cohérence sur un éventail beaucoup plus large. Ça change concrètement la nature des tâches que tu peux lui déléguer : pas juste « corrige cette fonction », mais « refactorise toute cette couche de services en gardant la compatibilité avec les appelants ». Claude Code supporte aussi nativement le protocole MCP (Model Context Protocol). Ça permet de brancher des outils externes directement dans le contexte : bases de données, APIs internes, systèmes de fichiers distants. Cette capacité, combinée à la grande fenêtre, donne à Claude Code une surface d’action que Cursor et Windsurf n’atteignent pas nativement.

À noter pour ton budget : Claude Code est inclus dans le plan Pro à 20 $US/mois. Le plan Max 5x monte à 100 $US/mois, et le Max 20x à 200 $US/mois. Il y a aussi une option API (usage mesuré, sans abonnement fixe). La fenêtre à 200K+ tokens est disponible sur tous les plans, mais les plans Max donnent accès à des quotas d’utilisation plus élevés. Le hic avec Claude Code, on va en parler franchement dans la section sur les défauts. Mais d’abord, regardons ce que les concurrents font réellement.


Cursor autour de 120K tokens : où ça tient, où ça flanche

Cursor est l’outil de référence pour beaucoup de développeurs qui ont fait le saut vers les éditeurs IA. Son intégration VS Code est mature, sa complétion est rapide, et son interface est familière. À 20 $/mois pour le plan Pro, c’est le même prix que Claude Code Pro. La fenêtre de contexte autour de 120K tokens est confortable pour la majorité des sessions de codage quotidiennes. Sur un projet de petite à moyenne taille, tu ne vas pas souvent la dépasser. Cursor excelle quand tu travailles sur un module isolé, quand tu demandes des complétions en contexte local, ou quand tu fais du débogage ciblé.

éditeur Cursor ouvert sur un projet, l'Agent Mode actif sur quelques fichiers sélectionnés, interface VS Code reconnaissable avec le panneau de chat latéral
éditeur Cursor ouvert sur un projet, l'Agent Mode actif sur quelques fichiers sélectionnés, interface VS Code reconnaissable avec le panneau de chat latéral

L’Agent Mode de Cursor, c’est là que la limite de portée devient plus visible. La portée documentée de 1 à 10 fichiers à la fois, c’est à la fois une contrainte et une caractéristique : ça force une précision dans les tâches qu’on lui soumet. Tu ne peux pas lui demander de refactoriser une couche entière d’un seul coup. Tu dois découper, séquencer, vérifier entre chaque étape. Sur des projets sous une vingtaine de fichiers actifs dans une session, Cursor est difficile à battre sur le terrain de la fluidité. L’outil est rapide, les suggestions arrivent vite, et l’intégration dans VS Code est vraiment soignée. La fenêtre de contexte de 120K ne devient pas un problème tant que tu restes dans cette zone. Là où ça accroche : les projets avec des interdépendances profondes. Quand une modification dans un service affecte cinq interfaces, trois contrôleurs et deux couches de tests, Cursor commence à travailler avec une vue partielle. Les suggestions restent localement correctes mais peuvent ignorer des effets de bord que seule une vue complète permettrait de détecter.

Schéma d'un monorepo de neuf packages interconnectés, encadré par deux fenêtres de contexte : celle de Cursor n'englobe qu'une partie des nœuds, celle de Claude Code les recouvre tous.
Même graphe de dépendances, deux périmètres de lecture : Cursor (~120K tokens) découpe le monorepo, Claude Code (200K+) l'embrasse d'un seul regard.

Windsurf autour de 100K tokens : profil similaire, limites similaires

Windsurf, à 15 $/mois pour le plan Pro, joue la carte du prix. Et honnêtement, pour ce que coûte l’abonnement, l’outil est bien fait. Sur des projets de taille modérée, la différence de fenêtre avec Cursor est rarement perceptible en session normale. La fenêtre autour de 100K tokens couvre confortablement les sessions courantes : quelques dizaines de fichiers, des tâches ciblées, de la complétion en contexte local. Pour un développeur qui travaille sur un projet solo ou une petite codebase d’équipe, Windsurf fait le travail sans friction notable.

Maquette au trait de l'interface Windsurf : explorateur de fichiers, éditeur de code au centre et panneau Cascade avec chat actif et fichiers référencés.
Maquette schématique de Windsurf — explorateur à gauche, éditeur au centre, panneau Cascade à droite avec fichiers du projet épinglés au contexte de la conversation.

Sauf que le seuil autour de 50 fichiers actifs, c’est documenté comme la zone où Windsurf commence à montrer ses limites par rapport à Cursor sur l’autocomplétion. Au-delà de cette portée, les deux outils rejoignent le même problème : un contexte trop petit pour une vue complète du projet, et des suggestions qui s’appuient sur une carte incomplète du code. La réalité pour Windsurf : si ton projet tient dans sa fenêtre, tu vas probablement pas remarquer de différence significative avec Claude Code sur des tâches standard. Le prix plus bas à 15 $/mois devient alors un argument solide. Le problème, c’est dès que le projet grossit ou que les tâches deviennent plus transversales.

Ce qu’il faut savoir sur les prix : Cursor Pro et Claude Code Pro coûtent le même prix mensuel (20 $US/mois). Windsurf est moins cher à 15 $/mois. Claude Code devient sensiblement plus cher si tu passes au Max 5x à 100 $US/mois. La décision de budget doit intégrer l’usage réel : si tu n’as jamais besoin de la grande fenêtre, tu paies une prime inutile.


Le seuil des fichiers actifs : pourquoi Cursor et Windsurf commencent à peiner

Il y a une distinction importante à faire entre le nombre total de fichiers dans ton projet et le nombre de fichiers actifs dans le contexte d’une session. Un projet peut avoir des milliers de fichiers. Ce qui compte pour la fenêtre de contexte, c’est combien le modèle en charge simultanément pour répondre à une requête spécifique. Sur des tâches de refactoring transversal, le modèle doit souvent voir plusieurs couches en même temps : les définitions, les implémentations, les tests, et parfois les fichiers de configuration qui gouvernent le comportement. Sur un projet bien structuré, ça peut rapidement représenter des dizaines de fichiers pour une seule opération cohérente.

Diagramme en entonnoir illustrant comment une requête de refactoring transversal génère des dépendances de fichiers en cascade consommant la fenêtre de contexte, comparée aux enveloppes de Claude Code (200K), Cursor (120K) et Windsurf (100K).
Une requête transversale déclenche une cascade de dépendances ; chaque fichier ajouté grignote la fenêtre. Trois seuils, trois horizons de compréhension : 200K, 120K, 100K tokens.

C’est là que le seuil documenté pour Windsurf autour de 50 fichiers prend son sens. Ce n’est pas que l’outil refuse de fonctionner au-delà. C’est que la qualité des suggestions commence à dégrader, parce que le modèle ne peut pas maintenir une vue cohérente de tout ce qu’il devrait voir. Il devine ce qu’il ne voit plus. Cursor, avec sa fenêtre plus grande autour de 120K tokens, repoussera ce seuil plus loin que Windsurf. Mais le principe reste le même : au-delà d’un certain nombre de fichiers actifs, la troncature s’installe. Et une suggestion générée sur un contexte tronqué est une suggestion qui peut rater les effets de bord les plus importants. Claude Code repousse ce seuil plus loin que les deux autres. Ce n’est pas infini : 200K+ tokens a aussi ses limites sur des projets vraiment massifs. Mais pour la majorité des projets réels, cette enveloppe couvre une session de travail complète sans troncature perceptible.

Cas d’usage concrets : monorepos, refactoring à grande échelle, bases de code héritées

Monorepos

Un monorepo avec plusieurs packages interdépendants est l’environnement où la fenêtre de contexte compte le plus. Quand tu modifies une interface dans un package partagé, tous les packages qui l’utilisent sont potentiellement affectés. Pour que le modèle te donne une suggestion sûre, il doit voir l’interface et ses consommateurs. Sur un monorepo de taille raisonnable, Claude Code peut charger simultanément le package modifié, les packages consommateurs les plus critiques, et les tests associés. Cursor peut en charger une partie, et va souvent devoir travailler en plusieurs passes. Windsurf, similairement, va couper plus tôt dans la chaîne.

Maquette au trait d'une session Claude Code avec un monorepo chargé, panneau de contexte listant les packages et un plan de refactoring d'interface référençant plusieurs sous-répertoires.
Une session Claude Code sur monorepo : le panneau de gauche liste packages, apps et services chargés en contexte ; à droite, une requête de refactoring de boutons croise des fichiers dans ui/, apps/web, apps/admin, apps/mobile et core/theme — la fenêtre large permet à l'assistant de tenir tous ces points d'ancrage simultanément.

Le résultat pratique : avec Claude Code, tu peux déléguer la séquence complète d’un refactoring d’interface partagée. Avec Cursor ou Windsurf, tu vas séquencer toi-même, vérifier entre chaque étape, et gérer les effets de bord manuellement. Ce n’est pas que Cursor et Windsurf ne fonctionnent pas sur les monorepos : ils fonctionnent, mais ils te demandent plus d’orchestration.

Refactoring à grande échelle

Un refactoring transversal, c’est le scénario idéal pour tester la fenêtre de contexte. Imagine que tu changes le système d’authentification d’une application. Ça touche les middlewares, les contrôleurs, les tests d’intégration, les fichiers de configuration, et potentiellement la documentation de l’API. Sur ce type de tâche, Claude Code peut maintenir la cohérence sur l’ensemble du périmètre si tu charges les bons fichiers dès le début de la session. Les suggestions restent alignées avec l’architecture réelle, pas avec un sous-ensemble arbitraire de ce que le modèle a pu voir.

Diagramme comparatif montrant la surface de code d'un refactoring d'authentification couverte par Claude Code (200K, périmètre complet), Cursor (120K, partiel) et Windsurf (100K, plus restreint).
Sur un refactoring d'authentification étalé de la config aux tests, la fenêtre de contexte détermine ce que l'assistant voit vraiment. Claude Code embrasse l'ensemble ; Cursor laisse tests et config hors champ ; Windsurf s'arrête aux contrôleurs. Le reste est extrapolé.

Cursor, sur cette même tâche, va souvent produire des suggestions localement correctes mais qui nécessitent une vérification manuelle des effets de bord. L’Agent Mode limité à 1-10 fichiers à la fois, c’est suffisant pour les patches ciblés, pas pour une refonte systémique.

Bases de code héritées

Les codebases héritées (legacy code) ont souvent des couplages implicites que personne n’a documentés. Pour les comprendre, un modèle IA a besoin de voir beaucoup de code à la fois : des patterns qui se répètent, des conventions qui ne sont nulle part écrites, des dépendances qui émergent des fichiers plutôt que de la documentation. C’est probablement le cas d’usage où une grande fenêtre de contexte a le plus de valeur, parce que le modèle ne peut pas se fier à une architecture propre et explicite. Il doit inférer le comportement attendu à partir de beaucoup de code réel. Plus il en voit simultanément, plus les inférences sont fiables.

Maquette au trait d'une interface Claude Code affichant une base de code héritée, avec un arbre de fichiers génériques et une requête d'analyse de dépendances en cours.
Vue schématique d'une session Claude Code : arborescence d'un dépôt hérité (modules legacy, vendor, utils), requête utilisateur portant sur l'analyse transversale des dépendances, et graphe de couplage en construction dans le fil de conversation.

La fenêtre de contexte suffit-elle à choisir un outil ?

Non. Et c’est important de le dire clairement. Une grande fenêtre de contexte est une condition nécessaire pour certaines tâches, mais jamais une condition suffisante pour faire un bon choix d’outil. La façon dont un modèle utilise ce contexte compte autant que sa taille. Un modèle qui fait des hallucinations sur un grand contexte est plus dangereux qu’un modèle qui travaille sur un contexte plus petit mais reste fiable. Un outil qui a une interface pauvre ou une intégration lente va te faire perdre plus de temps que quelques fichiers supplémentaires dans le contexte.

Le vrai test : Pour ton projet spécifique, combien de fichiers est-ce que tu charges réellement dans une session de travail typique ? Si c’est régulièrement une vingtaine ou moins, la différence entre 100K et 200K tokens est largement théorique. Si tu travailles systématiquement sur des dizaines de fichiers en parallèle, l’écart devient réel. Il y a aussi la question de ce que chaque outil fait bien en dehors du contexte. Cursor a une complétion inline particulièrement rapide et bien intégrée dans VS Code. Windsurf a un rapport qualité-prix difficile à battre sur des projets de taille standard. Claude Code a la fenêtre de contexte la plus large et le support MCP natif, mais son interface est différente des éditeurs traditionnels, et le coût monte vite si tu passes aux plans Max.

Cas d'usage et outil recommandé Scénario Claude Code Cursor Windsurf
Projet sous 20 fichiers actifs ✅ overkill mais fonctionnel ✅ idéal ✅ idéal
Projet 30-60 fichiers actifs ✅ avantage net ⚠️ commence à peiner ⚠️ commence à peiner
Monorepo volumineux ✅ meilleur choix ⚠️ séquençage manuel ❌ difficile
Refactoring transversal large ✅ meilleur choix ⚠️ partiel ⚠️ partiel
Budget serré, projets modérés ⚠️ survente de capacité ✅ bon compromis ✅ meilleur prix
Intégration VS Code native ⚠️ interface différente ✅ meilleur ✅ bon
Branchement outils externes (MCP) ✅ natif ❌ non natif ❌ non natif

La question de la qualité des suggestions, indépendamment du contexte, est aussi réelle. Sur des tâches simples, les trois outils produisent des résultats comparables. Sur des tâches complexes, la qualité du modèle sous-jacent et la façon dont l’outil l’orchestre fait une différence. Claude Code s’appuie sur les modèles Anthropic directement. Cursor et Windsurf peuvent utiliser différents modèles selon les configurations. C’est une variable à part entière.

Le hic avec chaque outil : honnêteté sur les limites

Claude Code

La fenêtre de contexte est impressionnante. Sauf que. Le prix des plans avancés est significatif : 100 $US/mois pour le Max 5x, 200 $US/mois pour le Max 20x. Si tu n’as pas un projet qui justifie ces capacités, tu paies pour une marge que tu n’utilises jamais. L’interface de Claude Code est aussi différente d’un éditeur traditionnel. Si tu viens de VS Code avec des années de réflexes, la courbe d’adaptation existe. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est réel. Et une grande fenêtre ne protège pas contre les hallucinations. Claude Code peut voir beaucoup de code et quand même proposer quelque chose d’incorrect. La taille du contexte améliore la cohérence structurelle des suggestions, pas leur exactitude fondamentale. Tu gardes ton jugement critique.

Cursor

L’Agent Mode limité à 1-10 fichiers à la fois, c’est un vrai plafond sur les tâches de grande envergure. Cursor est excellent pour le développement au quotidien sur des projets de taille raisonnable. Il est moins pertinent pour les refactorings massifs ou les monorepos denses. La fenêtre autour de 120K tokens est confortable mais pas infinie. Sur des projets qui grandissent, tu vas éventuellement te retrouver à gérer manuellement ce que le modèle peut voir. C’est de la charge cognitive que tu aurais préféré déléguer.

Windsurf

Le prix est son argument le plus fort : 15 $/mois, c’est la moins chère des trois options Pro. Sauf que la fenêtre autour de 100K tokens et le seuil de dégradation autour de 50 fichiers actifs limitent le périmètre où l’outil donne le meilleur de lui-même. Pour des équipes ou des projets qui grandissent vite, Windsurf risque de devenir limitant avant Cursor. C’est un bon outil pour commencer ou pour des projets de taille stable et modérée. Pas le choix par défaut si tu sais que ton projet va grossir.

Verdict : quand la taille de contexte devient un critère de sélection réel

Voilà ce qui est vrai : pour la plupart des sessions de codage ordinaires, les trois outils font le travail. La complétion, le débogage ciblé, les questions de syntaxe, les petits refactorings, tout ça passe aussi bien sur 100K tokens que sur 200K. La fenêtre de contexte devient un critère de sélection réel dans des conditions précises : tu travailles régulièrement sur des projets avec beaucoup de fichiers actifs simultanément, tu fais des refactorings transversaux sur des interdépendances profondes, tu gères des monorepos ou des codebases héritées à couplages implicites, tu veux déléguer à l’Agent Mode des séquences de travail longues sans orchestration manuelle constante.

Si tu coches une ou plusieurs de ces cases régulièrement, Claude Code est le meilleur choix sur le critère de la fenêtre de contexte. C’est factuel, pas du marketing. La fenêtre est plus grande, l’Agent Mode opère sur un périmètre plus large, le support MCP est natif. Pour les projets volumineux et les tâches transversales, ça change la nature de ce que tu peux déléguer. Si ton profil de travail, c’est principalement du développement sur des projets de taille modérée, avec des sessions centrées sur quelques dizaines de fichiers au plus, Cursor à 20 $/mois est le choix le plus équilibré : interface mature, complétion rapide, intégration VS Code soignée. La différence de contexte avec Claude Code Pro est moins decisive que tu ne le crois sur ce périmètre. Et si tu veux tester les éditeurs IA sans exploser ton budget, Windsurf à 15 $/mois est honnête pour des projets qui tiennent dans sa fenêtre. Le prix plus bas sur un outil qui fait l’essentiel de ce dont tu as besoin, c’est une décision valide.

Verdict de la Taverne : Claude Code gagne sur la fenêtre de contexte, sans discussion. Mais « gagner sur un critère » n’est pas « être le meilleur pour tout le monde ». Commence par mesurer ce que tu charges vraiment dans une session typique avant de décider.


Pour aller plus loin

Le support MCP natif de Claude Code ouvre une autre dimension que la seule fenêtre de contexte : la capacité de brancher des sources externes dans le flux de travail. Bases de données, APIs internes, systèmes de documentation. C’est une fonctionnalité qu’on va couvrir séparément, parce qu’elle change la façon d’architecturer un workflow de développement assisté, pas juste de faire de la complétion plus large. Si tu veux tester Claude Code sur un projet existant, le plan Pro à 20 $US/mois est le point d’entrée. La fenêtre à 200K+ tokens est disponible dès ce plan. Tu n’as pas besoin de passer au Max pour ressentir la différence sur des projets de taille moyenne à grande.

Maquette au trait de la page de plans Claude Code avec les trois options Pro, Max 5× et Max 20×.
Trois paliers, une même promesse d'échelle : Pro pour l'usage individuel, Max 5× mis en avant comme recommandé, Max 20× pour les workflows monorepo lourds. Les tarifs sont volontairement masqués — la hiérarchie se lit dans le positionnement, pas dans les chiffres.

Charge tes fichiers les plus interdépendants dans une session. Pose une question de refactoring transversal. Regarde si le modèle voit les effets de bord que tu vois. C’est ton test réel, avec ton projet réel, sur ta base de code réelle. C’est le seul qui compte.

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Texte par David Cyr