D’où ils viennent
Make.com s’appelait Integromat jusqu’en 2022. Fondé en 2012 à Prague par Patrik Šimek et Ondřej Bartoš, l’outil a démarré comme une alternative tchèque à Zapier — moins cher, plus puissant, mais aussi plus technique. Pendant que Zapier visait la simplicité grand public (un trigger, une action, fini), Integromat assumait la complexité : scénarios visuels avec branches conditionnelles, itérations, transformations de données, gestion d’erreurs structurée.
L’outil a gagné progressivement la communauté des power users tech entre 2017 et 2020. En 2020, Celonis — une entreprise allemande de process mining, valorisée alors à ~11 G USD — a acquis Integromat pour l’intégrer dans sa suite enterprise. En 2022, rebranding complet en Make.com avec une nouvelle UI plus polie, du nouveau pricing, et de nouvelles intégrations IA (OpenAI dès Q1 2023, Anthropic, Mistral, etc.).
En 2026, Make est devenu l’orchestrateur no-code par défaut pour les opérateurs tech qui veulent plus que ce que Zapier offre. Plus de 200 000 utilisateurs actifs, un écosystème de templates communautaires, et une réputation solide chez les indie hackers et PME tech.
Ce que c’est vraiment
Make est une plateforme d’automation no-code visuelle. Tu connectes des outils SaaS via des scénarios représentés graphiquement, et Make orchestre l’exécution. Le workflow typique :
- Tu crées un scénario depuis le dashboard
- Tu ajoutes un trigger — webhook, schedule, polling sur un service (par exemple : nouvelle ligne dans Google Sheets, nouveau lead dans HubSpot, fichier ajouté à Google Drive)
- Tu ajoutes des modules — chaque module est une action sur un service (envoyer un email Resend, créer un contact HubSpot, appeler Claude pour générer du texte, etc.)
- Tu connectes les modules avec des flèches — visuellement, comme un diagramme de processus
- Tu ajoutes des branches conditionnelles ou des itérateurs quand le flow se complexifie
- Tu actives le scénario — Make exécute selon le trigger
Les capacités principales en 2026 :
- 1 500+ intégrations natives — Stripe, Supabase, HubSpot, Google Workspace, Notion, Slack, ClickUp, etc.
- Module HTTP — appeler n’importe quelle API REST avec auth, headers, body custom
- Iterators et aggregators — boucler sur des arrays, agréger des résultats
- Routers — brancher conditionnellement (si X faire Y, sinon faire Z)
- Data stores — persistance simple style key-value entre exécutions
- Custom apps — créer ta propre intégration Make pour ton API custom ou pour la revendre
- AI Agents (depuis 2024) — laisser un LLM décider quels modules exécuter selon le contexte
- Webhooks — recevoir des requêtes HTTP entrantes en temps réel
L’unité de facturation est l’opération : une action exécutée par un module. Un scénario qui lit 10 lignes d’un Sheet et envoie 10 emails consomme 11 ops (1 lecture batch + 10 envois).
Comment ça s’utilise
Pour un solo opérateur qui automatise son workflow :
- Tu identifies une tâche répétitive — par exemple : recevoir un lead via formulaire Tally, le pousser dans HubSpot avec scoring, envoyer un email de welcome Resend, notifier sur Slack
- Tu crées un scénario avec un webhook Tally en trigger
- Tu ajoutes les modules — HubSpot Create Contact, Claude API pour scorer, Resend Send Email, Slack Send Message
- Tu actives — chaque nouveau lead Tally déclenche le scénario en 2-5 secondes
Pour LeadLoup, Make orchestre plusieurs workflows : lead capture depuis Meta Ads → enrichissement Apify → scoring Claude → push HubSpot → notification David. Pour Taverne AI, Make connecte les events Stripe (paiement de templates Notion ou de l’accès Skool) à Supabase pour mettre à jour les permissions utilisateur.
Le truc qui change vraiment : Make te laisse prototyper rapidement un workflow automatisé sans écrire de code, puis migrer vers du code custom quand le volume justifie. Beaucoup de mes premiers workflows LeadLoup ont commencé dans Make, puis ont migré vers du Python sur Railway quand ils sont devenus critiques.
Pour qui c’est fait
Make est conçu pour les opérateurs et PME qui veulent automatiser sans gérer de code. Si tu es développeur expérimenté qui veut tout coder à la main, Make est probablement inutile. Si tu es opérateur business qui sait lire/écrire un peu de JSON mais qui ne veut pas devenir DevOps, Make est parfait.
Public idéal :
- Solo opérateurs et indie hackers qui automatisent leur stack SaaS
- PME tech qui connectent HubSpot, Stripe, Supabase, Notion
- Agences qui automatisent l’onboarding, le reporting, et les processus client
- Marketers qui orchestrent leads, nurturing, segmentation
- Développeurs qui veulent un orchestrateur visuel pour les jobs non-critiques (le code custom reste pour les hot paths)
Public moins adapté : les workflows ultra-simples (trigger → action sans logique) où Zapier est plus rapide à configurer, les workflows hot path en production critique où du code custom sur Railway/Vercel est plus prévisible, et les workflows à très haut volume (>100k ops/mois) où Make devient cher.
Le verdict de la Taverne
Make est mon orchestrateur d’automation par défaut depuis 2023. Mémoire LeadLoup confirme : Make par défaut, pas Zapier. Le plan Free à 1 000 ops gratuites/mois m’a permis de tester énormément de workflows sans payer. Pour les workflows en prod sérieuse, je suis sur Core ou Pro.
Ce qui me garde dessus :
- L’interface visuelle est profonde sans être lourde. Tu vois ton workflow comme un diagramme, tu modifies en cliquant, c’est facile à expliquer à un client non-technique.
- Les branches conditionnelles et iterators font la différence vs Zapier. Beaucoup de mes workflows ont des cas particuliers (« si le lead vient de Meta Ads ET la niche = construction, alors X ») — facile à modéliser dans Make.
- 1 000 ops gratuites/mois sur le plan Free est honnête. La plupart de mes workflows perso restent sous ce seuil.
- Le module HTTP rattrape tout — quand il manque une intégration native (par exemple kie.ai), je l’appelle via HTTP avec mes propres credentials.
- L’interface française existe et fonctionne. Pour expliquer Make à un client québécois non-tech, c’est précieux.
Ce qui m’agace :
- Les coûts grimpent vite au-delà de 100k ops/mois. Pour LeadLoup à grande échelle, on a déjà migré certains workflows critiques vers du Python sur Railway pour éviter les frais Make.
- La latence webhook ~1-2s. Pour des workflows en arrière-plan c’est négligeable, mais pour du temps réel (réponse immédiate à un utilisateur), Make n’est pas le bon outil.
- Le cookie affiliate court à 30 jours versus 90 sur d’autres plateformes. Tu dois convertir vite.
Bottom line : si tu fais tourner un stack SaaS et tu veux automatiser sans coder, Make est probablement le bon défaut en 2026. Plan Free pour tester, Core à 9 USD/mois pour usage régulier, Pro à 16 USD/mois pour pro sérieux.
Disclosure affiliate : si tu signes via mon lien Make, je touche 35 % de commission récurrente sur les 12 premiers mois. Ça veut dire ~155 USD sur un client qui prend Core annuel, ou ~570 USD sur un client qui prend Pro annuel. Make est probablement le seul outil de cette wave 3 que j’utilise vraiment en daily depuis 3 ans — donc la recommandation est aussi authentique que possible.
Au Québec
L’interface est disponible en français — configurer dans les paramètres du compte. Pour expliquer Make à un client québécois non-tech, c’est l’un des rares outils d’automation no-code qui rend la chose facile.
Facturation USD via Stripe (~38 % de change en CAD). Pas de TPS/TVQ ajoutée à la facture — Make n’a pas de présence taxable au Canada en 2026. L’abonnement est déductible comme dépense d’exploitation pour entreprises et travailleurs autonomes.
Conformité Loi 25 : Make fournit un Data Processing Agreement (DPA) sur demande pour les plans Pro et Teams. Pour la plupart des scénarios, les payloads transitent sans persistance — Make exécute le workflow et oublie les données (sauf si tu utilises explicitement les Data Stores). Pour des données très sensibles soumises à Loi 25 stricte, garder les triggers sur ton infra et utiliser Make uniquement comme orchestrateur de logique (pas de payload nominatif transitant par Make).
Make appartient à Celonis SE (siège Munich, datacenters européens principalement) — les datacenters EU sont une option dans les paramètres compte. Pour les exigences strictes de résidence canadienne, Make peut ne pas convenir — auquel cas du Python sur Railway/Cloudflare Workers avec région Canada reste l’option.
L’abonnement Make est déductible comme dépense d’exploitation pour entreprises et travailleurs autonomes au Québec.