D’où ils viennent
Obsidian est édité par Dynalist Inc., une société canadienne fondée à Sherbrooke (Québec) et Toronto par Shida Li et Erica Xu. Avant Obsidian, ils avaient lancé Dynalist en 2018 — un outil d’outline en ligne qui avait une base de fans loyaux mais limitée. En 2020, inspirés par la vague Roam Research et la philosophie tools for thought, ils ont pivoté vers Obsidian : un éditeur de notes Markdown local-first avec graph view, links bidirectionnels, et plugins.
Le pari était contraire au marché : pendant que Notion et Roam levaient des centaines de millions pour faire du cloud propriétaire, Obsidian a refusé toute levée de fonds, est resté bootstrappé, et a misé sur la propriété des données comme valeur. Ton vault Obsidian est juste un dossier de fichiers .md sur ton disque dur. Tu peux les éditer avec VS Code, les versionner avec Git, les sync avec iCloud, les grep depuis Claude Code. Tu n’es jamais coincé.
Cinq ans plus tard, le pari a payé : Obsidian a plus de 5 millions d’utilisateurs, une communauté de power users fanatique, et un écosystème de plugins community open-source que personne d’autre n’égale. Et c’est canadien.
Ce que c’est vraiment
Obsidian est un éditeur de notes Markdown desktop (macOS, Windows, Linux) et mobile (iOS, Android). Le principe fondamental :
- Tu crées un vault — un dossier sur ton disque
- Tu écris des notes en Markdown — chaque note est un fichier
.md - Tu lies les notes entre elles avec
[[double-brackets]] - Obsidian indexe tout, te montre les backlinks, et visualise le graphe
Les fonctionnalités natives :
- Edition Markdown avec preview live ou WYSIWYG
- Backlinks — pour chaque note, voir ce qui pointe vers elle
- Graph view — visualisation des liens entre toutes tes notes
- Tags — système hiérarchique (
#leadloup/clients/juki) - Canvas — tableau visuel pour brainstormer (équivalent Miro/Excalidraw natif)
- Bases — vues de base de données sur tes notes (depuis 2024, équivalent Dataview natif)
- Recherche — full-text avec opérateurs avancés, regex
L’écosystème plugins community étend tout : Templater (templates dynamiques), Dataview (queries SQL-like sur tes notes), Kanban, Calendar, Periodic Notes, Excalidraw, AI assistants tiers (Smart Connections, Copilot for Obsidian, etc.).
Les services payants optionnels :
- Sync (8 USD/mois ou 60 USD/an) — synchro chiffrée E2E entre devices
- Publish (8 USD/mois) — publier ton vault comme site web
- Catalyst (donation one-time) — soutenir le développement, accès aux builds bêta
Comment ça s’intègre avec Claude Code
Pour un opérateur qui maintient un second cerveau structuré, le flux typique :
- Tu ouvres ton vault dans Obsidian pour la capture quotidienne (notes, idées, journal)
- Tu pointes Claude Code vers le même dossier — l’agent peut grep, lire, et écrire des notes Markdown directement
- Pour les insights business (mémoire LeadLoup, feedback obsidian-business-insights), Claude Code peut archiver des conclusions d’une conversation dans Obsidian sous forme de note dédiée
- Pour la recherche — « regarde dans mon vault les notes sur la niche immobilier des 30 derniers jours et synthétise les patterns » — l’agent grep, lit, synthétise
Le truc qui change vraiment : ton vault Obsidian devient une base de connaissance partagée entre toi (capture, structuration) et Claude Code (lecture, synthèse, archive). Les notes sont du Markdown propre — pas de format propriétaire à parser. L’agent peut écrire dans Obsidian comme dans n’importe quel fichier texte.
Pour qui c’est fait
Obsidian est conçu pour les personnes qui prennent beaucoup de notes structurées au long cours. Si tu prends 3 notes par semaine sur ton téléphone, prends Apple Notes ou Google Keep. Si tu construis une base de connaissance qui doit te servir dans 10 ans, prends Obsidian.
Public idéal :
- Chercheurs, écrivains, philosophes qui croisent du savoir au long cours
- Étudiants en sciences cognitives, droit, médecine, philosophie
- Consultants qui maintiennent une base de cas client documentés
- Power users qui veulent automatiser leur PKM (Personal Knowledge Management)
- Solo opérateurs comme moi qui maintiennent un Second Cerveau multi-projet
Public moins adapté : les équipes qui ont besoin de collaboration temps réel (Notion ou Google Docs ferment mieux), les utilisateurs occasionnels qui ne veulent pas configurer de plugins (Apple Notes suffit), et les workflows ultra-visuels qui demandent un canvas riche (Miro ou FigJam restent mieux).
Le verdict de la Taverne
Mon vault Obsidian est mon Second Cerveau — multi-projet (LeadLoup, Taverne AI, Domaine Delahaye, side projects), avec un système de capture quotidien et des notes thématiques permanentes. C’est le seul outil de prise de notes où je note effectivement plus que ce que j’oublie.
Ce qui me garde dessus :
- Possession à 100 % de mes données. Si Obsidian ferme demain, j’ai encore tous mes fichiers
.mdutilisables avec VS Code, vim, ou n’importe quoi. C’est la garantie qui me permet d’investir. - Local-first. Tout est sur mon disque, accessible en
grep. Claude Code peut requêter mes notes directement comme du code source. - L’écosystème de plugins community. Templater pour les templates dynamiques, Dataview pour les queries, Calendar pour les notes périodiques. Et tout est open-source.
- C’est canadien. Pour un produit de cette qualité, édité depuis Sherbrooke, c’est une fierté nationale tranquille — pas un argument décisif, mais un bonus.
Ce qui m’agace :
- Pas de collaboration temps réel. Single-user par vault par défaut. Pour collaborer sur du contenu, je sors vers Google Docs ou Notion.
- La courbe sur les plugins avancés. Dataview, Templater, QuickAdd — ça prend du temps à configurer proprement. Vaut le coup une fois fait.
- Sync à 96 USD/an — je sync via iCloud Drive gratuitement, ce qui marche bien. Mais l’option officielle n’est pas donnée.
Bottom line : si tu prends des notes au long cours et que tu veux ne jamais être coincé par un format propriétaire, Obsidian est le bon défaut en 2026. Gratuit pour 95 % des usages, canadien, local-first, et pleinement intégrable avec Claude Code.
Au Québec
Obsidian est édité par une société canadienne basée à Sherbrooke et Toronto — rare avantage local pour un outil de cette qualité. L’interface est disponible en français (Settings → About → Language → Français), et les notes Markdown supportent UTF-8 partout (accents é, è, à, ê, ç sans problème).
L’app desktop et mobile est gratuite pour usage personnel et commercial — pas de question de TPS/TVQ sur l’app elle-même. Pour les services optionnels payants (Sync, Publish, Catalyst), facturation USD via Stripe. Pas de TPS/TVQ ajoutée actuellement, mais surveille — Obsidian étant canadien, ils pourraient basculer si la législation change.
Conformité Loi 25 : tes données restent sur ta machine par défaut. Aucun traitement par un tiers n’est nécessaire si tu n’utilises pas Sync ou Publish. Si tu utilises Sync, c’est chiffré E2E (zero-knowledge — Obsidian ne peut techniquement pas lire tes notes même s’ils le voulaient). Pour les données les plus sensibles, sync via iCloud Drive ou Dropbox + chiffrement personnel reste une option.
L’abonnement Sync/Publish est déductible comme dépense d’exploitation si tu l’utilises pour ton travail.